06.06.2008

La flamme confuse du désir

Amour, j'aime tant tes yeux,
Leur feu splendide, étincelant
Quand tu les lèves, malicieux,
Et traces un cercle miroitant
Tel un éclair venu des cieux…
Mais tes doux yeux bien plus encore
Sont captivants lorsqu'ils s'abaissent,
Que tu m'embrasses passionnément,
Et filtre entre la claie des paupières
La flamme confuse du désir…

Fiodor Tiouttchev





The Dull Flame Of Desire – Björk & Antony Hegarty (vidéo par rainu18)

09.05.2008

Rencontre

Tout à l’heure je t’ai vue : tout a commencé par surprise, l’heureuse surprise d’un sourire lumineux, une spontanéité vécue. Un moment j’ai cru te reconnaître, voir en toi un visage familier… Puis nous nous sommes souri, encore et encore, comme deux insensés, deux complices de toujours se retrouvant au terme d'un long voyage.

Au beau milieu de nulle part où nous ne nous connaissions ni d’Eve ni d’Adam, nous nous sommes regardés, nous nous sommes appréciés : j'ai admiré ton beau visage, ta bouche pulpeuse et cette chevelure, forêt nocturne au galbe de fruits gorgés de vie et de soleil. Ta discrétion aussi, toute en retenue jusqu’à ce petit clin d’œil à la fin, pour que je t'écrive demain : comme ça, pour rien, pour voir… Mais le plus intense était sans doute lorsque nous nous détournions, et que nos corps semblaient se chercher, s’accorder, s’harmoniser à travers la distance.

Je pense encore à toi ce soir : je nous imagine – est-ce un péché ? – faisant l’amour avec ferveur… Les formes des objets quotidiens m'évoquent les courbes de ton corps. Suis-je donc fou ? Qu'importe, je suis heureux.
Oui, même si rien ne devait advenir je suis comblé, car avec toi – grâce à toi – j’ai pu toucher la liberté,
ma liberté !

25.02.2008

Etreinte…

Comment aimer
L'éternelle unité,
Sans embrasser
L'éphémère séparé ?



Guggi Zuzáková & Ard Huiberts sur "A Taste Of Honey" de Lizz Wright

19.02.2008

Eternité

Il n'y a qu'un seul instant
Dans lequel on voyage
Toujours le même instant
Derrière les apparences
On ne vit que le temps
Juste le temps de voir
Qu'il n'y a pas de temps





Charlotte Gainsbourg – 5:55 – réalisé par Yvan Attal

12.02.2008

Le seul guide

Il avait pourtant dit : « Ne suivez pas une pratique, cherchez l’intensité », et je croyais l’avoir compris.


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Le regard perdu dans le sari d'une belle que j’aimais, explorant sans fin cette prairie étoilée, illuminée
par ses cheveux aux éclats de soleil, toutes choses flottaient dans cette beauté, mon cœur vibrant
d’une seule pensée : « Le dedans seul peut vous unir ! »

Alors j’entendis le maître proposer une pratique nouvelle : obéissant à l’appel du dehors, j’abandonnai toute
cette splendeur, me détournant du seul vrai guide, cette présence que certains nomment la lumière intérieure…

01.02.2008

Face à face…

4b2dfe371538f6b7b953958c92c4c0dd.jpgA pleine vie

Silence sans fin

Rime sans raisons

Trouveurs d’étoiles

Regards ouverts

Au fond des corps

Nus de mensonge

Désirs et peurs

Déploient leurs ailes

Vent de lumière

Soleils levants

Nous ont vaincus

Nous sommes libres

Infiniment

29.01.2008

Connivence

Au fond des errances d'une vie,
Dans les coulisses de l'existence
Se cache un sourire invisible,
Une secrète connivence…



Etienne Daho & Charlotte Gainsbourg – If

27.01.2008

L'enfant

Plonge, plonge au fond de tes entrailles :
L’enfant que tu es gît là-bas, dans la tendre clarté d’une sombre inconscience.

En vérité, tes mille bruits et toutes tes douleurs ne sont qu’échos de tous ses cris, dans l'épaisse forêt
d’une longue ignorance… T'en rends tu compte à présent ? Vois, sans volonté de rien changer !

Mais si tu l’entoures et le protèges sans cesse, ton enfant – et si tu l'aimes assez pour le porter à terme,
il te mettra au monde, à la lumière de la vie.
Tu lui donneras ta conscience, il te révélera sa présence : profondeur et fraîcheur unies dans la joie du silence…




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Howard Weingarden – Mother and child

25.01.2008

Noms d'indiens

Son verbe me rend fou. J’avais cru lire une histoire d’amour, mais c’était une histoire de mots, de maux et d'âmes dans une maison de fous : les mots se rient de nos histoires, ils nous possèdent et font de nous tout ce qu’ils veulent – nous, leurs esclaves !

Face à elle m'irait bien le nom de « faussaire ». D’ailleurs elle l’avait sans doute remarqué, peut-être même m’avait-elle démasqué, à force renforts d’ingéniosité non dépourvus d’ingénuité : ceci explique t’il cela ?

Mais il y a au fond de moi une ressource qu’elle ignore, une source que je soupçonne à peine.
Comment nommerait-on cette force ? Je ne trouve pas de nom qui convienne, tous me semblent galvaudés,
à commencer par « l’amour », la belle affaire !
Alors disons : « Ainsi soit-il », ou mieux : « Je le voulais ainsi » – que ce soit là ma formule magique, ma bonne étoile et ma meilleure fortune, mon élixir de vie pour transpercer l’hiver…

Et elle, quel nom pourrait-on lui donner ? « Entre deux » m’aurait semblé parfait, voire « entre eux deux »,
ou bien « fumée ascendante », ou encore : « Paroles de silence », mais je ne sais si cela lui plairait –
a priori, je crois que non. Alors j’afficherai plutôt un dessin, un beau dessin d’enfant :





Pela – « 7th and 17th »

Cette vague…

Tout d’abord elle bouillonne,

Source dans tes entrailles :

Respire doucement,

Elle emplit tout ton corps.

S'il ose la détente

Lentement elle déborde,

Une vague d'émotion

Se répand dans l’espace

Et résonne en ton cœur…

.

23.01.2008

No comment



Jennifer Lopez – Feelin' So Good (1999)

22.01.2008

L'émotion

Libère ta colère, embrasse ton désir, laisse émerger ta peur… Il n'y a pas d'émotion "négative" : seule existe l’impression trompeuse qu'un être ou une chose provoque cela en toi. Or tout cela naît de toi, s’y déploie puis
s'en va, tandis que le monde alentour danse en rythme avec ta vie dedans…

Libérer l’émotion, c’est oser l'accueillir, qu'elle puisse tout envahir et doucement partir – dépendante de rien,
plus légère que le vent, aussi vaste que la mer, ascendante comme l'arbre, frémissante de vie !

Cesse de te nier toi-même, mais détrône les idoles qui encombrent ton âme et t’empêchent de rire,
de danser et d’aimer.





Saul Vega – Improvisation

20.01.2008

Confession

Savoir rire de soi, oser se méconnaître, se détourner de soi jusqu'à perte de vue… Aujourd'hui, j'ai vu mon aspiration à la vertu comme le plus grand obstacle, plus grand encore que le manque d'amour !

Ai-je su être médiocre sans mauvaise conscience ? Ai-je accepté ma colère sans crainte ni refus ?!
Dès lors, la sève de l'arbre envahissait mes veines, tout mon corps exultait : Alleluia !!!

Vraiment, rien n'est pire que ce venin moral que distille le personnage qu'on veut appeler « moi ».
Mais à quel point sommes-nous empoisonnés ? Je suis empoisonné dans la mesure exacte de mon incapacité
à sortir aujourd'hui de ce que j'étais hier.






Gotan Project – Mi Confesion

19.01.2008

Meurs… Vis !

N'aie pas peur de te perdre : être doit te suffire… Qu'importent tous les masques !
Le miracle, n'est-ce pas que tout cela existe ?

Ô merveille, la mort n'est rien que mue, abandon de peau morte : ce qui est mort n'a jamais été vivant –
rien de ce qui vit ne goûtera la mort. Mais tout chemine vers la beauté d'un grand dépouillement,
tout va vers sa vraie nudité, et c'est ainsi seulement qu'on peut enfin aimer…

Non, ne crains pas tes abîmes ni tous les désespoirs : embrasse-les de tout ton être, et jette-toi dans leur sein comme dans celui d'une mère… Ils vont te mettre au monde !


2001, A Space Odyssey (Stanley Kubrick – 1968)

16.01.2008

Après…

Durant les dix années – à peine quelques instants – qui suivirent le miracle de la lune argentée, sans doute ai-je expié de nombreuses possibilités que je portais en moi : tandis que je courais m'abîmer dans les reflets chatoyants de mes désirs multiples, la vie m'a dit soudain : « brûle ! » – ou bien étaient-ce les fées ? –, et mes contradictions se sont toutes embrasées.

En vérité, je n'ai été pendant longtemps que le combustible impuissant, le chaos de ces forces – feu des instincts, lumière de la conscience et brûlure du cœur –, jusqu'au jour où, au milieu de mes cendres, j'ai découvert une pépite brillant d'un éclat inconnu, une présence aux reflets merveilleux : je pus alors donner un sens à cette absurdité, car je compris que tout pouvait se transformer et se réconcilier, jusqu'à faire mienne un jour, peut-être, la promesse du prophète…





James Ingram & Michael Mc Donald – Yah Mo B There

14.01.2008

Emerveillé

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Soudain je me rends compte
de ce je-ne-sais-quoi
qui nous a traversés
comme à la dérobée…


Une trace invisible
laisse un parfum d’oubli.


Et dans l’étonnement
des yeux qui se reflètent,

Sourire émerveillé !



Portrait de Juliette Binoche

13.01.2008

Tout doit être réinventé

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« Je hume la chevelure de l'aimée
et tout se réinvente.

Si en exécutant cet acte simple :
humer la chevelure de l’aimée
on ne risque pas sa vie,
on n’engage pas le destin
du dernier atome de son sang
et de l’astre le plus lointain,

Si dans ce fragment de seconde
où l’on exécute n’importe quoi
sur le corps de l’aimée
ne se résolvent pas dans leur totalité
nos interrogations, nos inquiétudes
et nos aspirations les plus contradictoires,

Alors l’amour est en effet
ainsi que le disent les porcs
une opération digestive
de propagation de l’espèce.

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12.01.2008

La vie est un miracle !

J'ai 15 ans je crois, ou bien 16… c'était hier – non, cette nuit !
Il est 3 heures, pourquoi me suis-je réveillé ? Je ne sais pas, mais le sommeil s'est bien enfui.

Des pensées me traversent : le collège demain – français, avec ce professeur dont j'aime tant l'art de nous faire voyager en communiquant sa passion (plus tard je voudrais bien écrire), puis je repense à mes meilleurs amis,
à ces visages aussi, ces beautés qui me rendent si heureux du seul fait qu'elles existent ! C'est ça, l'amour ?
ça me dépasse, c'est merveilleux…

J'ai chaud soudain, je me lève pour ouvrir grand la fenêtre : la pleine lune me sourit, elle déverse son éclat malicieux au cœur d'une cascade argentée – suis-je seul au monde à contempler cela ?!
Je respire à pleins poumons : tous les obstacles sont balayés, mes soucis envolés, et me prend l'envie d'hurler
ce trop plein de bonheur, cette pure joie d'exister, de toucher l'infinie liberté, le tout possible de la vie…

Si les fées existent, qu'elles me préservent de jamais l'oublier : la vie est un miracle !

Sweet Freedom



Safri Duo & Michael Mc Donald – Sweet Freedom

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11.01.2008

Parabole

Ne vous inquiétez donc pas en disant : « Mais qui pourrai-je aimer ? »
ou : « Saurai-je aimer vraiment ? », ou encore : « Qui donc m'aimera ?! »
Oui, de tout cela les esseulés sont en quête inlassable.
Or il le sait bien, l’intime de vos cœurs, que pour grandir il vous faut ces reflets.
Mais cherchez d’abord son Royaume en vous-mêmes, et tout cela vous sera donné par surcroît.
Aussi, ne vous inquiétez pas pour dehors : le dehors s'inquiétera de lui-même…
Oui, dirigez vos regards en dedans : à chacun suffit son être !



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09.01.2008

Paix…

Laisse les te traverser, ne te protège pas : céder tout comme fuir, c’est accorder aux ombres qui te cernent
une force qu’elles n’ont pas.
Que ta victoire soit abandon total à tout ce qui est là, dedans et dehors ensemble. Fais la paix comme l’amour,
par désir et par jeu, ta nature est d'aimer !
L’espace est-il troublé par les choses qui l’habitent ? Le soleil n’éclaire t’il pas tous les êtres dans la même lumière ?





Earth Wind & Fire – That's The Way Of The World (Tokyo, 1990)

08.01.2008

L'or clair

Si tu n’es mon épouse, tu seras donc ma mère… Jadis je me sentais inquiet, à présent suis en paix : m’aurais-tu mis au monde un autre je que moi ?
Mon cœur couve un feu clair et doux réchauffant mes recoins, ces coins troubles et troublés hantés de toiles d’araignées, de toiles d’art saignées par nos violences enfouies, enfuies bien avant d’être nées.

La beauté s’était en moi lentement diffusée, telle un thé infusant de bonté – ce bon thé que nous buvions dans la calme lumière du plus beau soir d'été – dans l’or du temps léger, un temps qui se suspend à rien, non pas le temps qui passe en s’accrochant à tout sans arriver à rien, ni parvenir à caresser la peau d’un cœur tanné, damné par ses horreurs cachées !

Car je l’ai invitée, mon immense douleur, le jour où j’ai désiré t’aimer depuis le vide sans heures qui s’ouvrait sous mes pas chaque fois que je pensais à toi… Or tout s’est abîmé dans une grande douceur, un tranquille bonheur : tes griffes me sont tendres ; tes jurons, des baisers ; ta fureur chant d'oiseau dans mon cœur.

Mais pourquoi tous ces cris de tu m’aimes à toi-même ?! Je nous rêvais amis, compagnons de fortune –
l’écriture m’est torture : l’art ne peut-il la paix ?

La fin du fini

L'amour n'est pas un sentiment : c'est une foi, un abandon, une volonté aussi !

L'amour se manifeste souvent à travers une absence – absence de l'être aimé, de la passion,
absence à soi-même dans une adoration, absence d'une absence.

L'amour c'est la fin du fini, une évidence qui nous porte au-delà…

L'amour, c'est l'infini.





James Blunt (You're Beautiful) – Vidéo de lacocovidela

06.01.2008

Écoute

Poser une question est ce qu’il y a de plus éminemment actif. Cela veut dire que l’on se situe dans l’humilité. L’humilité est ce qu’il y a de plus actif. La personne qui pose une question admet un « je ne sais pas », donc elle
est disponible. Elle n’affirme plus, elle n’a pas la prétention de savoir. Quand on sait, on ne pose pas de question. Quand on pose une question, c’est que l’on écoute ; on écoute la question jaillir ; dans cette écoute, la réponse jaillit. La question et la réponse ont exactement la même origine, ces deux formulations véhiculent la même chose : l’écoute dans laquelle toutes deux jaillissent. Poser une question est ce qu’il y a de plus profond, à condition de ne pas chercher une réponse, sinon on se situe encore dans le projet.

Je pose une question, librement, parce que c’est ma résonance. Je sens un conflit dans ma vie et j’exprime
ce conflit sans l’orgueil de vouloir le résoudre. Je constate qu’il y a un conflit, clairement. Cela suffit, tout est là.
La solution est dans cette soumission à la réalité, à ce qui est là maintenant.
De ce « je ne sais pas », toute action, toute initiative va jaillir. C’est une initiative, une action qui vient de l’écoute de ce qui est là ; ce n’est pas une action qui veut « changer ».

Je sens une restriction dans ma vie et je l’exprime, j’écoute en moi cette restriction. C’est l’écoute de la solution.
La réponse est une vibration au même niveau que la question, vibration qui se réfère à ce qui est au-delà de l’une comme de l’autre. Il n’y a pas de réponse à suivre, pas plus qu’à écouter. Il y a une résonance, qui est l’humilité dans laquelle la question est posée. Là est la réponse. La réponse est avant la question. C’est parce que l’on pressent la réponse que l’on peut poser la question. Parce qu’il y a cette humilité, qui constitue la suprême activité… Mais il faut une certaine maturité pour comprendre cela.


Éric Baret - Le Seul Désir : dans la nudité des tantra

05.01.2008

Au pays de nulle part…

Avant, quand je pensais à toi, un fracas de pensées enveloppait mes peurs.

Aujourd'hui tout est silence : j'écoute, et j'entends les battements de ton cœur aux horizons du mien,
l'intime abîme qui sépare et rapproche, l'horizon d'un seul cœur…

Ou bien est-ce l'écho du néant que j'ai peuplé d'amour ?





Extraits du "Peter Pan" de P.J Hogan (2003), sur "Somewhere Only We Know" de Keane

04.01.2008

L'expression suprême

Le plaisir sexuel est un plaisir très profond. Si l'on connaît l'art et l'on se rend compte qu'il n'y a personne pour
se réjouir, à un moment donné les deux partenaires s'éliminent totalement, il n'y a que vibration, joie.
C'est là le plaisir le plus proche du divin. Il peut éventuellement basculer et devenir un profond saisissement spirituel dans le sens où, quand vous aimez, vous renoncez à vous-même. Si les partenaires s'offrent l'un à l'autre, à un moment donné les deux offrandes s'annulent et se transforment entièrement.

Mais si l'acte sexuel est fait pour soi-même, si l'homme a un besoin et qu'il achète une femme pour le satisfaire,
si la femme a un besoin de sécurité et qu'elle a épousé un homme parce que c'est plus pratique, alors les rapports sexuels qui en découlent sont des rapports sexuels, mais pas des actes d'amour.

L'acte d'amour est l'expression suprême des choses. Ce n'est pas sans raison qu'existe "Le Cantique des cantiques", si Ibn' Arabi a écrit ses lettres d'amour, si Rûmî a sans cesse formulé cet élément-là, si dans l'Inde, dans le tantrisme, il est extrêmement considéré. Mais c'est un art et non pas une compulsion.

Éric Baret – Le Sacre du Dragon Vert



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03.01.2008

Désir d'union

Cette nuit nous nous sommes aimés pour la première fois. A l'aube je lévitais sur le miroir d'un lac ; des branches nues se reflétaient dans l'eau, mais de nous nulle trace.

Si un jour nous le faisions vraiment, l'amour, comment écririons-nous tous les mots qui nous viennent ?
Là est le vrai problème…

J'écris dès le réveil, à l'heure où d'autres encore s'étreignent. Les mots de vérité ne sont pas faits pour être lus seulement – toucher le beau des yeux est le pire blasphème –, mais pour être mangés. La beauté veut être aimée, adorée corps et âme : malheur aux contemplatifs impuissants, malheur à moi, à nous qui n'avons rien compris !

Car le Verbe s'est fait chair, pour que la chair soit lumière dans le désir d'union, même désespéré du désespoir qu'est l'agonie d'illusions trop anciennes. Mais sa vibration très lente oublie la volupté, alors nous voulons fuir…

Accomplissant cela, une étoile brillera dans le fond de nos yeux : ainsi le fruit de l'être mûrira de nouveau,
tout redeviendra possible, le pire comme le meilleur. Nos puissances reviendront – avançant dans l'ivresse d'une patience ardente, des larmes jailliront de nos yeux, sous les flammes qui consument tout ce qui n'est pas toi,
ô joie d'éternité vivante !

02.01.2008

Peut-on…

Souffler fort sur la glace à faire fondre la braise ?

Retourner toute glaise pour trouver la lumière ?

Faire un pas vers la mort en habitant son corps ?

Oublier qu’on est né pour se jeter un sort ?

Effacer l’avenir, en bénir le passé ?

Adorer un fantôme et lui faire l’amour ?

Se baigner dans la lune, danser au chant des loups ?

Jouer avec le feu jusqu'à se faire offrande ?

Partir avec le vent sans laisser nulle cendre ?






Adios Nonino de Piazzola, par Raul Barbosa

Par amour



Diam's – Par amour

01.01.2008

La porte

– Alpha – Oméga – Oméga – Alpha.
L'homme créé est situé entre le commencement
et la fin.
L'homme créateur se situe entre la fin
et le commencement.

Entre le commencement et la fin est le temps.
Entre la fin et le commencement, l'éternité.

La fin de l'an passé est commencement du nouveau.
La fin du monde passé est commencement du Nouveau.
Le miracle est entre Oméga et Alpha.
Depuis les temps les plus reculés,
l'homme fête ce qui ne peut pas se fêter.

La porte de la voie étroite est : Oméga – Alpha.
Celui qui désire la franchir dans le temps
avec son corps, entre dans la mort.
Celui qui la franchit en esprit, hors du temps,
entre dans l'éternité.

Un an commence – il se termine.
Une nouvelle année commence,
mais pas la même, une autre.
Peux-tu mesurer le temps entre Oméga et Alpha ?
L'instant est passé – un nouveau commence.
Entre les deux il n'y a pas de temps.
L'éternité est là entre les deux.

Il y a une porte qui s'ouvre sur l'éternité.
Pas au commencement, mais à la fin.
Le Père lance l'instant et le nouvel instant n'est pas l'ancien.
A la mort de chaque instant,
tu peux entrer dans l'éternité, dans le monde créateur –
et de là, c'est toi-même qui peux lancer l'instant.
Cela est visible à tous les yeux, et ils ne le voient pas.

La porte est ouverte,
mais la voie est tellement étroite
que ce qui est né, fini, ne peut pas y entrer.
C'est le plus grand mystère :
Chaque instant et l'instant de l'instant sont portes.

Il n'y a pas d' « instant sacré ».
Chaque instant est sacré.
Ainsi, vous vivez dans l'éternité
et dans la vie,
car la vie éternelle unit les deux.

Tu es balle et joueur à la fois.
Ne porte plus ton attention sur le commencement.
Le commencement est déjà la fin.
Ce qui commence se termine.
On ne peut plus le changer,
car force et matière sont mises en mouvement.
Entre fin et commencement –
Là où tout est conçu –, là, dirige ton attention !


Dialogues avec l'Ange : Entretien 28 avec Gitta (extrait) – Vendredi 31 décembre 1943

30.12.2007

L'ange

Je marche – un ange passe,

L'oiseau rouge du désir

Chante en nous une larme…




Les Ailes du désir, de Wim Wenders (1987)

29.12.2007

Post scriptum

Les mots viennent dans une musique, un chant qui s’élève au mépris du silence.

Mes yeux ont des griffes, mais ma chair est douce – tous ces frissons, comme les baisers de la nuit aux étoiles…

Je t’aimais avant toi et moi. Je t’aime assez pour devenir toi. Tu t’aimes assez pour tout oublier !

Mes forces ne reviennent pas : j’ai donné je-ne-sais-quoi que je ne peux reprendre. Ou bien as-tu omis de me
le rendre à temps ? (C’était un jeu, un jeu sérieux…)

Nous fûmes médiocres – je le sais –, un rien en dessous de nous-mêmes, et cela m’attendrit ; mais j’attendais
ton rire, comme d’autres espèrent en leur sauveur.

Pourtant nous étions vrais, n’est-ce pas ?! Oh dis-le moi, ou fais-le moi savoir…

Se rejoint-on, la nuit, même désincarnés ?

26.12.2007

Le chant d'ivresse

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« Ô homme ! Prends garde !

Que dit le profond minuit ?

Je dormais, je dormais,

Je me suis éveillé d’un rêve profond :

Le monde est profond,

Et plus profond que ne le pensait le jour.

Profonde est sa douleur,

Mais la joie, – plus profonde encore que la peine du cœur.

La douleur dit : Péris !

Cependant la joie veut l’éternité,

Elle veut une éternité profonde, profonde ! »



Friedrich Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra

24.12.2007

Vois…

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Vois les choses telles qu'elles sont, dans l'immédiate perfection : ne les considère pas avec la prétention de savoir ou de vouloir ce qui est mieux – cette intention est, en vérité, la cause première de tous les maux, qu'ils soient réels ou bien rêvés.

La terre qui nous porte, l'abri qui nous protège, l'air qui nous vivifie et la nourriture qui nous échoit sont, parmi les dons de chaque instant, autant de miracles qu'il nous convient de célébrer – à haute voix ou en silence –, à travers nos contemplations, actions et créations sans nombre, afin qu'elles manifestent la flamme vive de la vraie joie…
Car elle seule est à même de porter guérison !

23.12.2007

Toi

La vie nous aime et nous appelle : « Qui es-tu ? », demande t'elle…

« Toi » est la réponse qu'elle espère, l'unique nom qu'elle peut entendre !





Zerkalo (Le Miroir) d'Andreï Tarkovski (1974)

21.12.2007

Infinie

Une femme voûtée progressait lentement, avec grâce – répétant un mot, un seul, une syllabe seulement : prénom peut-être, celui de son défunt ?… Une rumeur se mêlait au mystère : Nom ineffable, dont nul ne saurait envisager
la portée, ni la profondeur en son incantation.

D'aucuns la considéraient avec pitié, commisération parfois, détournant le regard devant pareille destinée. Mais nul ne soupçonnait qu'elle était parmi les êtres de totale plénitude en notre humanité.

Personne n'imaginait qu'elle avait déjà parcouru les cercles de ses ans, puis remonté les fleuves du temps avant même de mourir, ni comment les orbes des planètes se déployaient dans son corps, rythmant ses saisons et ses mues… Peu apercevaient les printemps de la terre fleurir aux coins de ses sourires, ni les étoiles se lever chaque soir dans ses yeux profonds comme la nuit, blottis derrière d'épaisses lunettes – le monde vivait en elle. A elle qui, depuis toute petite, s’était dit chaque matin : « je suis finie », son cœur, au grand soir de sa vie, lui avait répondu : « sois infinie ! »

Depuis longtemps elle avait abdiqué toute attente, tout espoir, toute volonté de contester le monde ; rendue sans défense à la vie, écoute sans paroles, présence à ce qui est.
Plus jeune elle écrivait souvent : à présent, elle se laissait écrire… Elle avait aimé une fois, aimé en plénitude, aucun regret ne l'habitait – mais l’amour vibrait en elle vers tous les horizons dans une lumière vive, une musique qu’elle s’efforçait, par pudeur ou par jeu, de voiler derrière les grises apparences laissées là par ses années de cendres.

Nul ne sentait que lorsque la terre tremblait son cœur frémissait – qu’alors elle respirait doucement afin qu’elle s'apaise… ni que les guerres se déchaînaient en tempêtes dans son âme, qu'elle s'affairait à calmer en magnifiant les fleurs à travers les jardins.

Lorsqu’elle rencontrait une souffrance elle infusait sa joie, mais en se gardant bien de la laisser paraître.
Si elle croisait un cœur assailli de douleur, elle s’arrêtait soudain puis se laissait tomber en abandon total, faisant don de ses forces !

On la ramassait souvent de ci, de là, cette petite femme couleurs de murs qui se relevait lentement, absorbée en elle-même et reprenait sa route, d'un pas si incertain qu'elle semblait avoir perdu l'esprit, et sur le point de rendre l’âme…

20.12.2007

La traversée

Le temps, la vie, l'espace d'une traversée sans fin recommencée

jusqu'à une autre rive, jusqu'à l'immense amour…





Andreï Tarkovski – Nostalghia (1983)

19.12.2007

Mille soleils

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Ce matin je marchais
Regards sur le pavé
Des agonies lointaines
Mon âme s’est relevée

Au dedans mille soleils

La vie était sauvée
Le monde était parfait
De toute éternité

18.12.2007

Oui

Ce n'est pas le trop peu, mais le trop qui empoisonne nos vies : trop d'échappées possibles face aux fatalités…

As-tu déjà dit « oui » à la fatalité, à ta fatalité ?

L'as-tu même choisie, avec une larme de tendresse, après qu'elle t'y ait invité dans le secret de l'âme ?
Car une fatalité choisie n'est plus fatalité !

T'es-tu déjà accordé pareille liberté, une liberté souveraine aux dimensions de la vie elle-même ??

As-tu déjà songé à lui offrir une vie, la tienne – comme ça, gratuitement, au saint nom de l'amour,
tout naturellement ?

Brûlé par ses rayons ardents, sous un soleil patient : si tu osais dire « oui » sans l'ombre d'un nuage,
une seule fois dans ta vie mais une bonne fois pour toutes, je suis sûr que même les astres deviendraient tes amis, eux qui obéissent à une loi implacable, celle qui les guide aux cieux de toute éternité – mais ont-ils le choix ?
Et toi, as-tu vraiment un choix ?
Ton « non » n'est rien qu'ajournement, tu le sais dans ton fond, car au fond de tout gît le grand « oui » à tout, celui dont tous les « non » ne sont que serviteurs, des serviteurs qui creusent, déblaient, s’affairent et creusent encore, jusqu’à la mine d’or…

Tu rêvais sans doute d'un noble et grand destin, paré de splendides desseins : que ne voudrais-tu à présent laisser couler ces rêves au sein du plus banal, jusqu'à l'absurde même, dans l'infinitésimal destin d'un quelconque quidam, un tout petit trajet de rien, dans lequel beaucoup seraient tentés de ne voir que le triste enfermement d'un cœur trop longtemps prisonnier.
Alors qu'ici, dans le secret, cette âme ne serait plus que don, infinie liberté – suprême affirmation du bonheur sauvant toute douleur, l’élevant du chaos, du non sens… Feu couvant sous la glace, intense plénitude !!

Mais t'en souviendras-tu, au fin fond de tes nuits ? Qu’importe… Au commencement est le « oui » :
la souffrance n’est qu’oubli.

17.12.2007

La source

Je flotte sur le vent
Face au non temps

Il pleut du vide
Dans mes abîmes

J’essaie de remonter

Torrent de larmes
Brûlure glacée

Des mains m’agrippent
Et puis m’attirent
Jusqu’à la source

Tes mains si douces…



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16.12.2007

L'arbre de Vie

African Symphony


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African Symphony – Maurice White (EWF, 1976)

14.12.2007

Cantique du bonheur

Ô ma chérie, mon seul amour,

Longtemps je t'ai cherchée dehors – longtemps j'ai cru qu'au dehors était un passage vers toi –, mais maintenant
je sais qu'hors le grand cœur il n'y a qu'abîme, néant.

Coupant nos chaînes tu nous as libérés, tu nous as redonné nos ailes !

Oiseau, tu as sauté de ton perchoir pour te blottir contre mon cœur : à présent je te parle et tu bats des ailes,
tout en douceur… Je te caresse et tu ronronnes, pareille au chat qui s'abandonne, sans plus de peur.

Devant mes yeux, toute beauté que j'aperçois résonne en nous : les murs s'écartent, les portes s'ouvrent,
tout se fait proche !

Oh, quel bonheur…





Elis Regina – Me deixas louca

Folle sagesse ?

La seule erreur serait de croire qu'est dehors ce qui semble au dehors…

Rêve d'enfant…





…On peut s’émerveiller qu’une résonance existe depuis nos origines, comme cette "basse continue" qui fonde bien des musiques anciennes. Tout autour émergent des constructions, variations innombrables qui tantôt s’allègent, s’approfondissent, tantôt s’encombrent et s’alourdissent – mais fondamentalement une même essence est là, qui travaille à préparer sa naissance en chacun, en chacune… Secrète gestation qui nous appelle à devenir adultes : l’adulte qui protège en lui l’enfant !

12.12.2007

Présence au cœur

637ee3b088e53e2bf92e346f0dc17a93.jpg« Et en chemin, chaque fois qu’en toi vacillera la flamme de l’amour, pense à moi… à moi que tes yeux n’effleureront jamais car je suis déjà là, j’emplis ton cœur depuis toujours.
Ainsi te souviendras-tu de cet amour comme de ta vie, présente à toi éternellement : nul ne pourra te le donner ni te l’ôter – mais sa présence l’éveillera chez ceux qui l’auraient oublié.

Pour cela, tu apprendras à me rejoindre et à me voir en chaque être et en toute occasion, dans tes pensées, au cœur de toute émotion, de chaque sensation… En me touchant, tu pourras aussi m’étreindre, me caresser et m’embrasser, m’aimer enfin comme je t'aime,
sans limites et sans fin – dedans et dehors à notre image, unis dans la même profondeur ! »

Mila Hajjar – El Abrazo

Message impersonnel



Message Personnel – Françoise Hardy (1973)

Nous sommes tous des gitans !



Extrait du "Temps des Gitans" d'Emir Kusturica (1988) – Musique de Goran Bregovic (Ederlezi)




Kalyi Yag (Feu Noir) – Musique tsigane hongroise

11.12.2007

Ardeur d'amour

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Si son visage était clairière
Mon regard se ferait pinceau
Pour éclabousser l’univers
Des mille couleurs de sa beauté…



Et si son corps était désert
Mes mains y porteraient de l’eau
Pour en recréer une terre
Par le bonheur fertilisée.



Mais si son âme était ténèbres
Mon esprit deviendrait oiseau
Pour en pénétrer le mystère
D’amour son cœur illuminer !









Chevalier et dame aux oiseaux (1305–1340) : Enluminure – Manuscrit de Heidelberger (Codex Manesse)

10.12.2007

En chemin

Tandis qu’ils étaient en chemin, un disciple s’agenouilla et lui dit : « Je te suivrai où que tu ailles. »

Elle répondit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, mais amour, elle, n’a pas
où reposer sa tête… Lève-toi, et va vers la beauté de ton cœur ! »



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09.12.2007

Donner…

Pour pouvoir donner, oser recevoir.
Pour apprendre à donner, s'éloigner de ceux qui donnent !
Donner est un premier mouvement, qui ne supporte aucune attente et nulle imitation…



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07.12.2007

Saisons

En ses hivers
La vie est nue
Ni joie, ni rêves
L’essentiel seul
Dans le silence…

7d29d7f5947efc247cf4cb862f208a83.jpgSes printemps versent
Désir, brûlure
Revient la sève
Le temps des fleurs
De l’impatience !

Depuis que j’aime…

J’oublie les sentiers du salut,
Les boulevards ne me conviennent plus,
Je m'amuse des usines à hommes-dieux,
Leurs communions m'excommunient dans le feu !
A présent, sages et prophètes m’exaspèrent
Et leurs accomplissements m’indiffèrent,
Car je n'aime et ne désire qu'une seule heure,
Celle que rythme la musique de son cœur…

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04.12.2007

Penses-y quand tu t'endors

Tant de belles choses…

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Françoise Hardy – Tant de belles choses… (2004)

03.12.2007

Dans le cœur…

4a9d24a667e6ecc5fcf946c99d6327bb.jpgL'amour sourit à toutes les flèches du temps

L’arbre grandit parce que le fruit est mûr

L’espace replie l’immensité des mondes

Le fond de tout ne cesse de jaillir…

Les âmes, les vies se rejoignent et se fondent

Les corps oublient l’opacité des murs

Dans le cœur, oui, nous sommes vraiment vivants !

01.12.2007

Verser l'or de sa vie

Et la musique ? Le désir de musique était toujours aussi vif ; de cela j'étais certaine.
J'éprouvais les mêmes envies fulgurantes d'interpréter une œuvre, de la travailler encore et encore,
de doucir l'harmonique d'un aigu, révéler jusqu'au pur éclat chaque note, donner tout à entendre ;
verser dans le creuset de l'œuvre l'or de sa propre vie.



Dans ce dessein, j'avais voulu enregistrer une nouvelle version de la Sonate de Rachmaninov,
gravée pour ma première fois à l'âge de quinze ans. Depuis, année après année, j'avais saisi la grande vérité distillée d'une leçon à l'autre par mon maître, Pierre Barbizet : la musique ne commence en réalité qu'avec l'auditeur, à partir du moment où elle entre dans la chaleur d'un cœur et sourdement habite son silence.
« Souviens-toi, me disait-il, un musicien n'est grand que par la grandeur qu'il révèle chez son prochain. »


Hélène Grimaud

Texte extrait de "Leçons particulières"

Rachmaninov : Etudes Tableaux – Opus 33, n° 2 (interprété par Hélène Grimaud)

Cet accord parfait…

Qui pouvait nous rendre heureux ? Personne, si ce n'était nous-même.
Attendre que le bonheur vienne d'autrui c'était, par paresse et par cécité, renoncer à le connaître dans son essence. C'était aussi voler à l'autre sa liberté essentielle, l'empêcher.
Être heureux, c'était ne jamais se satisfaire des apparences du bonheur – il fallait y consacrer sa vie comme on se consacrerait à l'œuvre magistrale d'une toile, d'un poème ou d'un chant. Chaque jour, chaque seconde exigeait qu'on y apportât sa touche, son mot, sa note, et cette œuvre voulait que l'on descendît en soi pour creuser le fond et en combler sa vie.
Et qu'est-ce qu'être heureux, justement, si ce n'était retrouver le paradis et ce temps d'Eden à quoi chaque oiseau, chaque pierre et chaque arbre était accordé comme la lumière au soleil ?





Le bonheur, c'était cet accord parfait, la note juste que chantait Orphée touché par l'amour, et que peut chanter notre âme lorsque l'aile de l'ange l'effleure.
Dès lors, rien ne peut rompre cet accord parce qu'il jaillit des sources et non plus des larmes, il sourd de son évidence, sans autre ambition que l'harmonie, sans autre pouvoir que sa propre puissance.
Il n'abolit rien, ni des souffrances ni de la mort ; il les sauve du chaos. Il est celui qui donne au dernier souffle sa note pure, plus pure et plus haute que tous les gémissements d'agonie et les râles de douleur ; au dernier regard son sourire, plus tendre et caressant que l'hébétude et le néant de la mort ; à la dernière étreinte sa connivence
et sa joie, plus douces et fortes que le déchirement de l'adieu ; à la vie dans son dernier instant, toute sa plénitude. Il est le mystère, l'ineffable mystère, insaisissable comme une musique divine – la suavité éclatante de la Joie.


Hélène Grimaud – Leçons particulières

28.11.2007

Union

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Sous la lune,
Une vague a caressé le vent ~
De désir, l’eau s’est mélangée à l’air…
Par amour, l’air a embrassé la mer.

Wild is the wind

It was a dark depressing rainynight in NYC and I couldnt sleep It was 5am and took my camera out
and photographed the dark nite and with nina on the radio it was an experience that totally changed my life
spirituall life experiences You Know… 1harold4



Nina Simone sings on west 14th st nyc wild is the wind

Imbroglio

Elle m’a cru préférer un au-delà ailleurs…
Pourtant je désirais son au-dedans d'ici !
Mais elle n’aimait pas son maintenant ici,
Alors elle préféra une mère au dehors.

Prendre ta douleur



Camille – Ta douleur (2005)